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Slow Content vs. Snack Content : frères ennemis ou binôme de choc ?

Réponse à l’overdose de junk information, le Slow Content condamne-t-il pour autant le Snack Content ? Ou bien lui est-il au contraire très complémentaire ? Tout est question d’intention. Explications.

Slow Content, Snack Content : qui sont-ils vraiment ?

Quelques éléments de définition pour y voir plus clair… Le Slow Content, comme nous l’avons établi dans la tribune à l’initiative du mouvement, repose sur 3 piliers :

  • le contenu utile
  • le contenu durable
  • le contenu raisonné

Derrière ces 3 dimensions, un trait commun, qui constitue le fondement même du Slow Content : la responsabilité informative. Un contenu « slow », c’est avant tout un contenu responsable. Responsable, parce qu’il part d’une démarche de vérité à l’origine de sa valeur ajoutée. Responsable, car il propose une expérience informative de qualité, plutôt qu’opportuniste. Responsable, enfin parce qu’il ne noie pas l’internaute dans un flux continu et indigeste.

Le Snack Content, lui, a pour principal attribut sa faculté à être consommé rapidement, « sur le pouce ». Il repose sur des formats courts, impactants, faciles à assimiler. Son terrain de jeu privilégié ? Les réseaux sociaux, bien sûr, où son côté « punchy » se prête parfaitement à la viralité.

Le Slow Content et le Snack Content, offrent donc, tous 2 à leur manière, des remèdes possibles à l’infobésité. Le premier de manière quasi philosophique, le second de manière plus pragmatique. On fait du Slow Content pour redonner du sens et de l’aspérité à sa communication. On fait du Snack Content pour attirer l’attention dans les timelines.

On le voit : il n’est pas possible de comparer ou d’opposer Snack Content et Slow Content comme le fait Gabriel Dabi-Schwebel dans un article sur le blog d’1 min 30. Tout simplement parce que les 2 notions n’œuvrent pas sur le même plan : le Slow relève de la démarche, le Snack caractérise une typologie de contenus.

Peut-être que le trouble vient d’un amalgame un peu rapide entre « slow » et « long », lui-même hérité du « Slow Journalism ». Mais le Slow Content comme le « Slow Journalism » ne se réduisent pas à des formats longs. Ce sont, avant tout, des démarches en faveur d’une information prenant le temps du recul, de l’analyse, de la mise en perspective.

Le Slow peut être Snack, et réciproquement…

Récapitulons :

  • le Slow Content et le Snack Content ont un point commun : ils constituent tous 2 des réponses à l’infobésité et aux difficultés des marques à se faire entendre
  • le Slow Content et le Snack Content ne peuvent être mis sur le même plan, l’un relevant de la démarche, l’autre de la forme du contenu
  • Slow Content et Snack Content ne sont donc ni opposés ni comparables

Conséquence de tout cela : une démarche « slow » peut tout à fait s’exprimer à travers des formats « Snack ». Et elle a même intérêt à le faire. C’est ce qu’explique Aurélien Rousseau, co-président chez St John’s dans un article de l’ADN où il parle finalement Slow avant l’heure. Selon lui, « les marques doivent s’approprier la culture et les codes de l’entertainment chers à la culture snack, tout en veillant à rester fidèles à leurs valeurs et à leur plateforme de marque ».

Un contenu snack de qualité est-il aussi du coup un contenu slow ? On répond oui. Car rendre plus accessible ou plus attractif un sujet par des formats courts, visuels, bien pensés, c’est faire preuve de responsabilité informative. C’est donc « Slow » par essence.

Ils font du Snack very Slow

La preuve que le Snack peut être éminemment « responsable » ? Son appropriation par le monde de la culture. Culture Prime et ses collections de courtes vidéos propulsées sur les comptes sociaux des acteurs de l’audiovisuel public, l’INA et ses archives revisitées en stories, La Minute Culture et ses anecdotes sur l’Histoire de l’art à consommer en 1 minute… Autant d’offres éditoriales qui facilitent l’accès à un patrimoine artistique et culturel parfois difficile d’accès pour certaines catégories de population (les jeunes, les CSP-, les ruraux…)

Culture Prime
valorise et diffuse le « matériau » culture de l’audiovisuel public avec des contenus « snack », taillés pour les réseaux sociaux.
ina.fr
fait vivre au quotidien le patrimoine audiovisuel dans des formats aussi courts qu’enrichissants.

Du côté des institutions publiques, inclusion et accessibilité passent aussi de plus en plus souvent par la mise en œuvre de formats Snack : l’Assurance Maladie pour rendre plus claires les démarches administratives, les ministères pour expliquer leurs grandes mesures…

ameli.fr
Des infographies simples et didactiques pour mieux s’y retrouver dans les démarches administratives, par l’Assurance Maladie.
Chaîne Dailymotion du Ministère du travail
De courts films en motion design pour aider à comprendre les grandes mesures gouvernementales.

Et si, finalement, le meilleur des remèdes à l’infobésité c’était donc le « Slow Content » version « Snack Content » ?

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